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Qu’est ce que la Slow Fashion et la mode éco-responsable ?

J’aimerai vous partager mon bilan suite aux Rencontres du Stylisme – Slow Fashion et Eco-Conception, organisé par le CRC. Nous étions 15 stylistes ou gravitant autour du milieu du textile, réunis autour d’une table à la Maison de l’Ecologie pour partager nos besoins et nos idées autour de la Slow Fashion.

Une discussion qui a montré qu’il était nécessaire de communiquer sur ce qu’est la mode aujourd’hui, sur notre métier de créateur . Que veulent dire toutes ces nouvelles tendances qui prennent de plus en plus d’importance aujourd’hui ? Pourquoi de plus en plus de stylistes se tournent vers ce modèle ? Est-ce que c’est une prise de conscience commune, un effet de mode, du greenwashing ?

On s’est rendu compte que la Slow Fashion pouvait s’exprimer de différentes manières : mode durable, mode responsable, mode éthique, mode éco-responsable. Pas tellement évident de s’en sortir avec ces termes.

La « Fast Fashion » VS la « Slow Fashion »

Par définition, la Slow Fashion s’oppose à la Fast Fashion.

Traditionnellement, les marques de prêt-à-porter sortaient deux collections par an : printemps/été, automne/hiver, en se calquant sur le rythme naturel des saisons.

La fast fashion, apparue dans les années 90 avec notamment les grandes enseignes H&M, ZARA… est un modèle d’affaire neuf, produire au plus bas coût possible, des collections novatrices qui sont renouvelées toutes les 3 semaines. Cet attrait pour la nouveauté a créé une addiction néfaste pour la planète et pour les hommes.

Aujourd’hui, des enseignes de grande distribution produisent des nouveautés à un rythme effréné (jusqu’à 40 collections par an !).

Plusieurs milliards de vêtements sont produits dans le monde chaque année. La mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde après le pétrole.

Une catastrophe humaine et environnementale

Une course infernale pour produire toujours plus vite à moindre coûts. Cette mode low cost engendre des conditions de production et de travail désastreuses, aussi bien pour les hommes que pour l’environnement.

Dans les usines d’Asie, les machines tournent 24/24h, 6 à 7/7 jours, ce qui engendre une sorte d’esclavagisme où l’humain n ’est plus pris en compte. Sans parler de certaines usines, où il n’est pas rare de trouver du travail infantile.

Le 24 avril 2013, au Bangladesh, le Rana Plaza s’effondre et périssent plus de 1130 ouvriers travaillant pour des marques internationales. Un événement qui révulse la planète, des conditions de travail déplorables (travail infantile, surexploitation des ouvriers, salaires trop bas, insalubrité des structures, accidents du travail, etc.).

Se révèle la face cachée d’un système devenu fou : trop de collections, trop de consommation, trop de pression des actionnaires des grandes marques qui poussent les designers et stylistes au burn out. Aujourd’hui, dans la mode, c’est le capital qui dicte une production globalisée, il n’y a plus de production culturelle.

C’est aussi à tous les niveaux de la production que les ressources naturelles sont anéanties par une surproduction sans respect de l’environnement et des animaux. De la culture du coton, qui provient la plupart du temps des OGM, avec pesticides et qui nécessite une quantité énorme d’eau, à la teinture dont les eaux sales sont rejetées dans les rivières et fleuves, au transport…

Une mode jetable, obsolescence programmée

Pour réduire les coûts, on utilise des matériaux moins coûteux.

La quantité prime sur la qualité. Des coupes moins élaborées et industrielles. On se retrouve avec des pulls qui boulochent et se déforment. Des vêtements qui déteignent. Des zips cassés. On jette et on remplace.

Et à quel prix ? Un tee-shirt moins cher qu’un sandwich, est-ce normal ? Cela donne l’idée qu’il n’y a plus de valeur. Quel est le coût réel d’un tee-shirt (fil, tissu, main d’œuvre, création, etc.) ? Quel est le prix que l’on paie ? Le prix du vêtement est une addition de marges de chaque intermédiaire, quel est le prix réel du vêtement ? Est-ce que le créateur ou l’ouvrier a été rémunéré à sa juste valeur ?

L’uniformisation du style

Submergés par les pubs, où règne le diktat de la mode et des tendances, on achète pour être à la page, on se copie les uns les autres pour s’identifier et être accepté dans un groupe.

Au final, on oublie qui on est, on subit une pression sociale, on passe à côté de l’affirmation de notre propre personnalité et identité. Bref, un système oppressant et épuisant.

« Slow » un mode de vie

Face à cette aliénation, ce rythme de vie effréné, certains ont décidé de prendre le contre-pied et de proposer des alternatives respectueuses à tous les niveaux. On repense notre façon de vivre selon un système de valeurs, pour reconstruire le monde de demain, slow food, slow fashion…

La slow fashion

Ce désir de retour à l’essentiel, d’authenticité, de production locale, artisanale ou à petite échelle. On réapprend à consommer de manière réfléchie, durable et responsable. On consomme moins mais mieux en privilégiant les créateurs locaux et séries limitées pour se démarquer.

Transparence, confiance et authenticité

Les marques de slow fashion tentent de créer une relation de confiance avec les consommateurs, transparence, traçabilité du produit, labellisation… qui garantissent une éthique sur la production et sur les conditions de travail. On cherche à savoir d’où vient le produit, quelle est son histoire, comment il a été fabriqué, quels sont les matériaux qui le composent. Une charte éthique pour répondre aux questions que l’on se pose : Par qui ce vêtement a-t-il été créé ? D’après quel savoir-faire ou technique traditionnelle ? Est-ce que les employés ont été mieux rémunérés et considérés ?

Charte éthique et mode éco-responsable

Plusieurs démarches peuvent s’inscrire dans la mode éco-responsable et reprennent certains engagements, durables, responsables :

  • La transparence : valeur fondamentale, on veut pouvoir retracer la vie du produit de son élaboration à sa commercialisation
  • Le commerce équitable : un équilibre plus juste entre pays industrialisés et pays en développement, les travailleurs bénéficient de conditions de travail décentes, de formations et participent aux savoir faire. Le droit des femmes et des enfants sont un enjeu du commerce équitable.
  • Économie sociale et solidaire
  • Soutenir la fabrication européenne, favoriser l’emploi, l’économie locale, le savoir faire des artisans, réduire l’impact écologique des transports
  • Culture biologique : bannir les OGM, produits chimiques (pesticides, dérivés du pétrole), utiliser les ressources naturelles de manière raisonnée.
  • Utiliser les fibres naturelles plutôt que des fibres synthétiques issues du pétrole
  • Recyclage des matières
  • Upcycling : la transformation par le détournement de matière afin d’éviter le gaspillage
  • Zéro déchet
  • La seconde main : offrir une seconde vie aux vêtements, trouver des pièces différentes, favoriser l’économie circulaire, contribuer au zéro déchet.
  • La location : pour ne pas acheter et ne pas stocker

Durabilité et engagement

Consommer slow, implique choisir, et donc renoncer aux marques de grande distribution. Acheter c’est voter, acheter c’est retrouver son choix et prendre conscience que ce choix peut avoir un impact environnemental et humain.

Nos engagements « slow fashion »

Chez Paula, nous avons à cœur de défendre et de promouvoir la mode lente et éco-responsable.

  • Participer à la réduction des déchets par le biais du recyclage ou de l’upcycling. C’est l’un des plus grands défis de l’industrie de l’habillement. Cela consiste en la récupération d’habits ou d’objets divers pour la confection de nouveaux vêtements ou d’accessoires.
  • Revaloriser le vêtement de seconde main: proposer une sélection de pièces rétro, vintage ou actuelles, qui sont encore au goût du jour et en parfait état !
  • Un circuit de distribution court et local, en parallèle à la grande distribution. Directement sur la boutique en ligne ou bien dans différents concept stores partenaires.
  • Proposer des pièces uniques ou en petite série face à la globalisation de la mode, au conformisme du style.
  • Favoriser la création artisanale, sauvegarder les savoir-faire traditionnels (broderie, sérigraphie, couture). Production en petite série (pièces uniques ou série limitée).
  • Transmettre une passion pour la mode et le textile.
  • Questionner sur le vêtement (fonction, symboles…), sur la féminité, sur la construction de son image propre, son identité.

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